L’eau

Ticha Blabla/ avril 14, 2019/ Second Life (en), Second Life (fr)/ 0 comments

Au Spa

L'eau

J'ai une relation spéciale avec l'eau. Je l'aime, elle m'apaise. À peu près tout le monde a la même. Sans doutes parce qu'en temps que mammifère, nous y baignons jusque notre naissance. De toutes façons, soit on la redoute, soit on l'aime. La redouter, c'est tout à fait concevable ! Après tout, malgré notre affinité avec, nous ne pouvons respirer lorsqu' immerger. En quelques sortes, j'envie les grenouilles, qui elles, ont une respiration plus adaptée à la plongée.

Je me souviens, en avoir eu une peur bleue, à me retrouver tétanisée au loin dans la mer. Lorsque je nage, j'ai pris pour habitude de m'isoler des gens, de m'éloigner de la côte, mais les remous et les vagues aidant l'éloignement, je me suis retrouvée dans une position fâcheuse, où les gens vous paraissent telle une fourmilière sur la plage. C'est à ce moment que vous vous dites que vous avez un sacré problème, car le courant, ce traître, fera tout pour vous éloigner encore plus de ces dites fourmis, et vous mettre en péril.

Mais je me souviens aussi d'un moment magique, après une rude journée passée en compagnie de soit disant amis, passée à porter cette immondice sur le visage. Vous savez ce masque social que vous portez pour être politiquement correct, celui qui vous aide à cacher vos défauts, celui qui vous conforte dans la précieuse illusion que tout le monde vous apprécie alors que vous n'avez aucune idée de ce que l'on ressent vraiment lorsqu'on est entouré que de gens qui vous aime.

Ce jour-là, épuisée, déprimée, je me trouvais en montagne dans une station thermale. C'était en pleine saison hivernale, il neigeait, et je me suis dit qu'il fallait absolument que je m'offre un moment de détente quitte à me retrouver dans un endroit pareil. Je pris mon sac de sport, mon maillot, serviette et direction le spa. Quelle ne fut ma surprise, lorsque j'ai su que les saunas, ainsi que les bains à remous se trouvaient sur le toit. En effet, avec ce froid, sortir dehors en maillot, je me demandais si finalement j'avais bien fait.

Je pris mon courage à deux mains, et je me suis retrouvée dans l’ascenseur, direction le dernier étage. Pour en rajouter à ma frilosité, il me fallait marcher sur le plafond de verre, d'où je pouvais voir les gens dans le grand bassin au travers, une quinzaine d'étage au dessous. Comme si marcher dans la neige en maillot de bain et pieds nus ne suffisait, il me fallait en plus braver mon vertige. Mais quelle idée ! Sur la pointe des pieds, sautillant dans la neige, je me rendis au bain à remous, pour me plonger dedans quasi instantanément.

Les yeux clos, le cœur battant, la respiration saccadée, la chaleur de l'eau commençant à relaxer mes muscles, j’éclatai d'un rire nerveux. Et lorsque je décidai enfin de ré-ouvrir les yeux, j'étais subjuguée. Je ne m'attendais à un tel spectacle. C'est beau la montagne enneigée ! Ce ciel qui s'étendait tout autour de moi, cette neige se posant délicatement sur mes joues, mes épaules, picotant ma peau d'une douce froideur, la bouche bée, pour la première fois de cette maudite journée, de ce voyage, j'étais à nouveau moi.

Me prélassant dans l'eau chaude, baignée par les étoiles, admirant le paysage, j'ai compris une chose fondamentale. Pourquoi mentir, pourquoi avoir peur de déplaire à ses amis ? Si je ne leur plaisais pas, alors à quoi bon prétendre être amis. Après un long moment, je me suis laissée tenté par une baignade en piscine, sans doutes pour remettre mes idées en place. Il y avait un bassin assez retiré, plus étroit, dans une salle à lumière tamisée. Et lorsqu’immerger, je pouvais entendre la musique. J'étais aux anges ! Pouvoir écouter de la musique tout en nageant, c'est génial !

Je me sentais libre, contrairement à l'épisode sur le toit où je me sentais tellement petite, ici j'avais trouvé une autre forme de paix. Ce fut décidé, je ne mentirai plus sur ce que j'aime, je ne mentirai plus sur ce qui me fait vibrer, je ne mentirai plus sur moi si je souhaite vraiment avoir une relation autre qu' une simple connaissance, qu'un simple collègue de travail. Je serai moi ! Peu importe le prix, peu importe ce que les gens peuvent bien penser, même si ils ne me comprennent plus, même si je les déçois, même si je suis une créature bizarre. De toutes façons, qui aimaient-ils vraiment ? Moi qu'ils ne connaissaient pas, ou bien cette immondicité ?

Stylecard

Ce que je porte sur la photo/ What I am wearing on the pic:

Décor/ Decor:

 

 

 

 

 

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